Marques chinoises : une voiture neuve sur seize en 2026

4 min de lectureLa rédaction ConsultAuto

La voiture chinoise en Suisse est passée en quatre ans de la curiosité au paysage courant. D’après les mises en circulation, les marques chinoises pèsent 6,14 % des voitures neuves en 2026 : une sur seize. Suivons la BYD Seal, douzième voiture neuve la plus immatriculée du pays cette année. En 2023, elle restait absente des immatriculations suisses.

BYD Seal U DM-i noire garée sur un parking, vue de trois quarts avant
La BYD Seal U DM-i, la « Seal » hybride rechargeable Photo : Alexander Migl, CC BY-SA 4.0, modifiée (recadrée et floutée)

La voiture chinoise en Suisse : de 0,02 % à 6,14 % du neuf

Le point de départ tient en un chiffre. En 2022, 55 voitures neuves de marques chinoises ont été mises en circulation en Suisse, soit 0,02 % du marché.

Sur les huit premiers mois de 2026, elles sont 9’305. Le marché entier compte 151’519 voitures neuves sur la même période.

Une marque domine ce groupe. À elle seule, BYD pèse plus de deux voitures chinoises neuves sur cinq en 2026.

Le mouvement s’accélère d’année en année. BYD immatriculait 40 voitures neuves en 2024. Elle en compte 963 en 2025, puis 3’837 sur les huit premiers mois de 2026.

À ce niveau, BYD dépasse déjà des marques installées de longue date : Peugeot, avec 3’235 voitures neuves, et Ford, avec 3’228. Elle passe aussi devant Tesla, à 3’372.

BYD se classe ainsi treizième marque du neuf en 2026. Notre BYD Seal porte ce saut : selon les immatriculations suisses, 1’967 Seal neuves ont été mises en circulation en huit mois, contre 594 sur toute l’année 2025. S’y ajoutent 1’214 Seal importées d’occasion en 2026.

BYD et MG en tête, de nouveaux noms derrière

D’autres marques suivent. MG, qui appartient à un groupe chinois, ne comptait que 4 voitures neuves en 2022, puis 677 en 2024. Son rythme de 2026 dépasse de 559 % celui de 2024.

MG a compté 3’679 voitures neuves en 2025. Son MG ZS en comptait 1’237 cette année-là ; il en totalise déjà 1’062 sur les huit premiers mois de 2026.

Derrière, de nouveaux noms s’installent. Leapmotor compte 1’282 voitures en huit mois, Zeekr 855, Xpeng 311. Les trois étaient absents des immatriculations de 2022.

Pour un garage, ces noms restent rares en reprise. Leur arrivée en nombre dans le neuf annonce pourtant leur arrivée en occasion, quelques années plus tard.

MG3 hybride de troisième génération exposée dans un salon automobile
La MG3 Hybrid+, l’une des MG vendues surtout en hybride Photo : Alexander-93 (Alexander Migl), CC BY-SA 4.0, modifiée (recadrée et floutée)

L’hybride en tête, l’électrique derrière

On associe souvent la voiture chinoise à l’électrique. Le registre nuance cette image.

Sous le nom inscrit au permis de circulation, notre BYD Seal est majoritairement une hybride essence, rechargeable ou non. Il en va de même pour les MG ZS, MG HS et MG3, et désormais pour la BYD Atto. Parmi les huit modèles chinois les plus mis en circulation, cinq sont surtout hybrides, et ce sont eux qui mènent en volume.

Les électriques pures sont bien là aussi. En huit mois, la BYD Sealion compte 631 voitures, la Zeekr 7X 613, et la BYD Atto 419 en version électrique.

L’Atto illustre la vitesse du mouvement. Elle comptait 42 voitures neuves en 2025, et 919 sur les huit premiers mois de 2026.

Les nouveaux venus suivent la même courbe. La Zeekr 7X passe de 93 voitures en 2025 à 613 en huit mois. La Leapmotor B10, électrique elle aussi, de 93 à 472.

Pour le revendeur, la nuance compte. Une hybride chinoise se comparera demain aux hybrides de son âge ; une électrique, aux électriques. Ce sont deux marchés distincts, avec leurs propres délais.

En occasion, des voitures jeunes qui partent vite

Que valent ces voitures en occasion ? Pour l’instant, on en mesure surtout la vitesse. Entre 0 et 3 ans, une voiture de marque chinoise change de main en 54 jours, sur 783 délais mesurés. Les autres marques du même âge demandent 93 jours.

Ce chiffre se lit avec prudence. Ces voitures sont jeunes, encore peu nombreuses en occasion. Leur valeur de revente reste à mesurer : trop peu ont déjà changé de détenteur.

Une autre question revient souvent : leur arrivée complique-t-elle la vente des autres marques ? Le registre laisse la question ouverte. Le marché ralentit en même temps, sans lien mesurable entre les deux mouvements.

Vers 2029, la première vague d’occasions

Reste le calendrier. La moitié des voitures neuves suisses roulent en leasing, et le premier changement de détenteur culmine vers quatre ans. Les voitures chinoises de 2025 arriveront donc en nombre sur le marché de l’occasion vers 2029, selon une estimation fondée sur ce rythme.

Les BYD Seal de 2025 seront parmi les premières à revenir. Celles de 2026, plus de trois fois plus nombreuses en huit mois seulement, suivront.

Les électriques, elles, reviennent souvent plus tôt. Selon les immatriculations suisses, l’électrique change de main deux fois plus vite que la moyenne : une Tesla Model Y est revendue à 2,1 ans. Pour les électriques chinoises, le premier retour pourrait donc précéder 2029.

Chez MG, l’historique reste court. Le registre compte seulement 4 MG neuves en 2022, et 3 en 2023. Les autres MG entrées au registre ces années-là étaient des occasions. C’étaient surtout des modèles anciens, comme la MGB ou la Midget, et quelques MG récentes importées. Les premières MG neuves en nombre, 677 en 2024, atteindront l’âge des retours de leasing vers 2028 : ce sera le premier signal à suivre.

Une vague de retours d’un même modèle a déjà ses précédents. Le Skoda Enyaq est passé de 51 à 95 jours pour changer de main, pendant que ses reventes bondissaient de 350 %. Quand beaucoup de voitures identiques reviennent en même temps, le délai s’allonge.

D’ici là, le revendeur avance avec peu de recul. Chaque reprise se juge modèle par modèle, face aux voitures du même âge et au prix des annonces comparables. La prudence vaut ici dans les deux sens, sans a priori.

Notre BYD Seal raconte l’arrivée chinoise : absente des immatriculations suisses en 2023, douzième voiture neuve la plus immatriculée de Suisse en 2026. Les marques chinoises pèsent désormais une voiture neuve sur seize, avec l’hybride en tête et l’électrique derrière. En occasion, elles partent vite tant qu’elles sont jeunes, et leur valeur de revente se lira vers 2029. Pour le revendeur, c’est une offre nouvelle à suivre de près.

Données : immatriculations et registre suisses, janvier 2022 – août 2026. Détail des sources : page Sources.