Audi, BMW, Mercedes : le neuf recule en Suisse depuis 2024
4 min de lectureLa rédaction ConsultAuto
Les ventes d’Audi, de BMW et de Mercedes reculent en Suisse depuis 2024. D’après les immatriculations de voitures neuves, Audi perd 15,3 % de rythme, BMW 13,8 % et Mercedes 10,0 %. Suivons l’Audi Q3, l’un des modèles premium les plus présents du parc, pour voir ce que ce recul change à l’occasion.

Audi, BMW et Mercedes reculent, quand VW et Skoda progressent
Le recul se lit en comparant le rythme de 2026 à celui de 2024. Audi recule le plus nettement : environ 2’750 voitures neuves de moins par an. BMW et Mercedes suivent, plus modérément.
Le marché, lui, recule à peine. Selon les immatriculations suisses, 232’993 voitures neuves ont été mises en circulation en 2025, un peu moins qu’en 2024 (239’183). Dans le même groupe qu’Audi, VW progresse de 6 %, Skoda de 1 %.
D’autres marques montent aussi. Les marques chinoises atteignent 6,14 % du neuf en 2026. Les deux mouvements se produisent en même temps, sans lien mesurable entre eux.
Moins d’Audi neuves aujourd’hui, moins de reprises en 2029-2031
Pour le revendeur, le neuf d’aujourd’hui fait la reprise de demain. La moitié des voitures neuves suisses roulent en leasing. Et le premier changement de détenteur culmine entre 48 et 52 mois.
Les 2’750 Audi neuves qui manquent chaque année ne reviendront donc pas en occasion en 2029-2031. Il en va de même, à moindre échelle, pour BMW et Mercedes. Le recul touche d’abord les reprises récentes, celles qui reviennent de leasing.
Notre Q3 illustre l’enjeu. Selon les immatriculations suisses, elle compte 38’168 voitures au parc et 5’540 reventes par an. Chaque Audi neuve en moins aujourd’hui, c’est une reprise récente en moins dans quelques années.
Le calendrier du neuf ajoute son effet. L’année 2022 a été la plus faible depuis 2011, avec 225’642 voitures neuves ; 2023 a été forte, avec 252’184. Les reprises de quatre ans se font donc rares en 2026, et plus nombreuses en 2027.
Parmi les modèles les plus marqués par le leasing figurent aussi des premium thermiques. Pour une Mercedes GLB, 53 % des changements de détenteur ont lieu entre 3 et 5 ans ; elle se revend en 73 jours. La BMW X7 en compte 54 %, avec un délai de 88 jours.
L’import comble une partie du vide
Le premium allemand dispose d’une autre source d’occasions : l’étranger. En Suisse, 8,9 % du parc est entré comme occasion importée. Chez Audi, cette part monte à 15,3 %.
Mercedes atteint 12,2 %, BMW 10,6 %. Les trois marques dépassent la moyenne du parc.
L’import se nourrit surtout de voitures récentes. En 2025, 55 % des occasions importées venaient d’Allemagne, et 62,5 % avaient deux ans ou moins. Pour une Audi ou une BMW récente, le prix suisse se compare donc aussi au marché allemand. L’occasion importée y devient une concurrente directe de la reprise faite en Suisse.
En occasion, le premium tourne encore, plus lentement
Revenons à notre Q3. Elle reste un modèle de volume, mais elle ralentit. Tous âges confondus, elle changeait de main en 64 jours en 2022 ; elle en met 88 en 2025-2026.
Le marché entier a ralenti dans le même temps, de 72 à 85 jours. La Q3 a perdu davantage : 24 jours, contre 13 pour l’ensemble des voitures.
Ses reventes, elles, ont augmenté de 29 %. Davantage de Q3 sur le marché, qui partent moins vite : c’est la combinaison qui demande le plus de vigilance.
Les SUV premium majoritairement diesel ralentissent aussi, plus doucement. La BMW X3 passe de 64 jours en 2022 à 76 en 2025-2026.
Le Mercedes-Benz GLC va de 58 à 75 jours. Les deux restent sous le délai médian national de 2026, à 85 jours.
D’autres finissent plus haut. L’Audi A4, majoritairement diesel, passe de 70 à 82 jours. La BMW X5 va de 71 à 88 jours, au-dessus de la médiane nationale.
Le premium allemand garde aussi des valeurs rapides. La BMW 320d, avec 18’106 voitures au parc, change de main en 63 jours. La 118d part en 57 jours.
L’électrique premium de leasing demande davantage de patience. Parmi les modèles les plus marqués par le leasing, la Mercedes EQC se revend en 130 jours. Chez elle, 59 % des changements de détenteur ont lieu entre 3 et 5 ans. Sur toutes ses reventes mesurées depuis 2022, l’Audi Q4 e-tron demande 102 jours.
Ces électriques reviennent aussi tôt sur le marché. L’Audi Q4, avec 4’305 voitures neuves en 2022 et 2023, change de main à 2,5 ans en moyenne. La Mercedes EQA, dont 57 % des changements de détenteur ont lieu entre 3 et 5 ans, se revend en 91 jours.
Ce que le recul du premium change pour le revendeur
Ces chiffres mesurent des volumes et des délais ; la qualité des voitures reste hors de leur champ. Ils dessinent pourtant plusieurs conséquences pour le métier.
D’abord, l’occasion premium allemande récente se fera plus rare vers 2029-2031, quand reviendront les millésimes en recul. L’import, à comparer au marché d’origine, pourra prendre une part plus grande de l’approvisionnement.
Ensuite, le volume et la vitesse peuvent se séparer. La Q3 le montre : un modèle très présent peut ralentir quand ses reventes affluent. Son délai récent se vérifie avant chaque reprise.
Le millésime compte aussi. Une reprise premium de 2022 se fait rare cette année et se paie en conséquence. La vague de 2023, plus fournie, arrivera en 2027 : celui qui peut attendre quelques mois achètera mieux.
Enfin, l’électrique premium de leasing se reprend en comptant les semaines d’attente. Son prix de reprise gagne à les intégrer. Le thermique premium de volume, lui, garde des délais proches de la moyenne, voire meilleurs.
Notre Audi Q3 raconte le premium allemand de 2026. Sa marque recule de 15,3 % dans le neuf, BMW et Mercedes un peu moins. En occasion, elle garde un gros volume, mais elle passe de 64 à 88 jours. Moins de neuves, plus d’import, des délais plus longs : le premium allemand se reprend désormais montre en main.
Données : immatriculations et registre suisses, janvier 2022 – août 2026. Détail des sources : page Sources.