L’essence pure recule : les chiffres depuis 2022
5 min de lectureLa rédaction ConsultAuto
Les ventes de voitures essence en Suisse reculent depuis 2023. Cette année-là, 98’851 essence pures sont mises en circulation pour la première fois ; en 2025, elles tombent à 74’622. Où va la différence ? D’abord vers l’hybride essence, ensuite vers l’électrique. Pour le revendeur, ce glissement dessine déjà l’occasion de demain.

En 2022 et 2023, l’essence pure tient encore la tête
Partons du point haut. D’après les mises en circulation en Suisse, 98’606 voitures à essence pure prennent la route pour la première fois en 2022. En 2023, elles sont 98’851. Le volume tient, presque à la voiture près. Ces deux chiffres cachent pourtant une nuance : 2022 est une année faible pour le neuf suisse, la plus faible depuis 2011, et 2023 une année forte. À volume égal, la part de l’essence pure baisse donc déjà.
Ces deux années-là, l’essence pure reste le premier carburant du marché. En 2022, elle pèse 39,9 % des premières mises en circulation : deux voitures sur cinq, ou presque. L’hybride essence la suit de loin, l’électrique plus loin encore.
Il faut s’entendre sur les mots. L’essence pure désigne ici une voiture à moteur à essence, sans moteur électrique associé. Les chiffres comptent ensemble les voitures neuves et les occasions importées, à leur première immatriculation en Suisse.
Ce plateau de deux ans compte pour la suite. Les essence de 2022 et 2023 forment les dernières grandes cuvées de l’essence pure. Elles reviennent aujourd’hui en reprise, et elles reviendront encore pendant des années.
La différence, à ce stade, reste invisible. Les volumes de 2023 cachent encore la bascule de l’année suivante. L’hybride essence progresse pourtant déjà, de 63’297 à 78’122 voitures. C’est en 2024 que tout change.
En 2024, l’hybride essence prend la première place
L’année 2024 marque le croisement des deux courbes. Les mises en circulation d’essence pure tombent à 85’911 voitures. Dans le même temps, l’hybride essence monte à 87’502. Elle passe devant.
Puis l’écart se creuse vite. En 2025, l’essence pure descend à 74’622 voitures, quand l’hybride essence approche les cent mille. L’écart dépasse alors 25’000 voitures en faveur de l’hybride. Sur les huit premiers mois de 2026, l’essence pure compte 45’799 voitures, contre 71’183 hybrides essence.
Selon les immatriculations suisses, sa part tombe à 25,8 % des premières mises en circulation en 2026. Son rythme recule de 20 % par rapport à 2024. L’hybride essence, elle, pèse 40,1 %.
La différence s’installe donc en deux ans à peine. L’essence pure passe de deux mises en circulation sur cinq en 2022 à une sur quatre en 2026. Pour un professionnel, le signal est net : la voiture neuve type est désormais hybride.
Le marché, lui, garde sa taille. Le volume total reste stable : 262’881 voitures en 2024, 262’973 en 2025. L’essence pure perd du terrain dans un marché de taille égale. Ce qu’elle perd, d’autres motorisations le gagnent.
La différence part d’abord à l’hybride, puis à l’électrique
Où va la différence ? Prenons les deux dernières années pleines, 2024 et 2025, où le volume total est presque identique. La comparaison y est la plus juste.
L’essence pure perd environ 11’300 voitures d’une année à l’autre. L’hybride essence en gagne environ 12’400, soit un peu plus que ce que perd l’essence pure.
Côté électrique, la hausse atteint environ 7’200 voitures. Elle est proche du recul du diesel sur la même année, environ 6’500 voitures.
La lecture est claire. L’essentiel de ce que perd l’essence pure revient à l’hybride essence, qui garde un moteur à essence. L’électrique avance aussi, à un pas proche de celui du diesel qui recule.
Le mouvement se confirme en rythme. Selon les immatriculations suisses, l’hybride essence progresse de 22 % par rapport à 2024, l’électrique de 28 %. L’essence pure recule de 20 %, le diesel de 33 %.
Pour l’acheteur d’une voiture neuve, le passage est simple. Il garde l’essence, la pompe et ses habitudes ; il ajoute un moteur électrique. Pour le marché, c’est un changement profond : l’essence demeure, mais elle s’hybride.
La différence a donc un visage précis. Elle prend la forme d’une hybride essence, bien plus souvent que celle d’une électrique.
Avec le diesel, le thermique pur passe sous le tiers
Élargissons le regard au diesel. En 2022, le diesel pèse 13,7 % des premières mises en circulation. En 2026, il descend à 7,4 %.
Additionnés, l’essence pure et le diesel faisaient 53,6 % des premières mises en circulation en 2022. Plus d’une voiture sur deux roulait alors au seul moteur thermique. En 2026, ce thermique pur descend à 33,2 % : une voiture sur trois.
La différence est donc double. L’essence pure recule, le diesel recule plus vite encore, et l’électrification prend près des deux tiers du marché. Entre 2022 et 2026, le thermique pur perd ainsi une vingtaine de points de part.
Le reste du tableau tient en peu de mots. L’hybride diesel pèse 4,6 % des premières mises en circulation en 2026. Toutes les autres motorisations réunies se partagent les 0,3 % restants.
Ce sont les motorisations associées à l’électrique qui prennent la place. Selon les immatriculations suisses, l’électrique pèse 21,8 % des premières mises en circulation en 2026. L’hybride essence, elle, monte de 25,6 % en 2022 à 40,1 %.
Pour un garage, le stock thermique pur reste massif. Il se renouvelle simplement moins vite dans le neuf. Et ce qui se renouvelle moins vite finit par se raréfier en occasion.
En occasion, l’essence pure récente part plus vite que l’hybride
L’occasion vit à un autre rythme que le neuf. Selon les immatriculations suisses, une essence de 0 à 3 ans change de main en 82 jours. Une hybride essence du même âge en demande 99.
L’écart tient entre 4 et 6 ans : 81 jours pour l’essence, 97 pour l’hybride. L’essence récente reste donc une reprise qui tourne. Et elle a moins ralenti que l’hybride depuis 2022, de 70 à 79 jours tous âges confondus.
L’essence reste le gros du marché de l’occasion. De janvier 2022 à août 2026, 1’304’349 reventes d’essence ont été mesurées, contre 123’975 pour l’hybride essence. Sur les douze derniers mois, une essence revendue après un passage sans plaques avait 12,2 ans en moyenne.
Le calendrier mérite attention. Les essence pures de 2022 et 2023 arrivent en reprise de leasing en 2026 et 2027. Celles de 2025 seront nettement moins nombreuses à revenir, vers 2029.
Pour le stock, la conséquence est simple. L’essence pure récente se revend bien aujourd’hui, et elle se fera plus rare demain. La reprendre à son juste prix, sans la brader, prend tout son sens.
Où va la différence ? D’abord à l’hybride essence, qui a pris la tête en 2024, puis à l’électrique. L’essence pure passe de 98’851 mises en circulation en 2023 à 74’622 en 2025, puis à 25,8 % du marché en 2026. Récente, elle part encore plus vite en occasion que l’hybride du même âge, et sa rareté commence à peine.
Données : immatriculations et registre suisses, janvier 2022 – août 2026. Détail des sources : page Sources.