Indice ConsultAuto de la revente : 90 jours en septembre
5 min de lectureLa rédaction ConsultAuto
Le délai de revente d’une occasion tient en un chiffre ce mois-ci : 90 jours. Prenez une break grise reprise un lundi de septembre. Si elle suit la médiane suisse, elle quittera le parc à la mi-décembre. C’est le premier Indice ConsultAuto de la revente, et il dit une chose nette : le délai a cessé de s’allonger.

Les occasions de septembre ont attendu 90 jours en médiane
Prenez une break grise, reprise un lundi de septembre. Le carnet est tamponné, la carrosserie est propre, le prix d’achat est tenu. Reste la question qui compte au comptoir : quand repartira-t-elle ?
L’Indice de septembre donne l’ordre de grandeur. En septembre 2026, 38’743 voitures de tourisme ont été revendues après un passage hors circulation, d’après le registre suisse des véhicules. Leur délai de revente médian atteint 90 jours. Une partie est repartie plus vite, l’autre plus lentement, à parts égales.
Pour notre break grise, la médiane mène à la mi-décembre. Elle peut partir bien avant, si son prix est juste et sa saison bonne. Elle peut aussi passer l’hiver au fond du parc : 25,4 % des voitures revendues en septembre étaient restées plus de 6 mois hors circulation.
Le chiffre mesure un temps précis. Il court du retrait des plaques à la remise en circulation chez un nouveau détenteur. Il laisse de côté les ventes faites plaque à plaque et le temps passé en annonce. Il a pourtant un avantage solide : il compte chaque revente de ce type, dans chaque canton, chaque mois, sur la même règle. C’est ce qui permet de suivre la courbe dans le temps, mois après mois.
Le délai de revente a cessé de s’allonger depuis avril 2024
Notre break grise arrive sur un marché qui a changé. En 2022, le délai médian était de 72 jours. Fin 2024, il en fallait 85. Cela fait 13 jours de parc en plus pour chaque voiture, sur chaque parc de Suisse.
Depuis, la courbe s’est posée. Mesuré sur 12 mois glissants, le délai de revente tient entre 84 et 86 jours depuis avril 2024.
Sur les 12 mois qui finissent en septembre 2026, il vaut 84 jours. Un an plus tôt, il en valait 85. Le ralentissement s’est arrêté, mais le marché ne repart pas plus vite pour autant.
Pourquoi alors un chiffre plus haut en septembre ? Parce que septembre est un mois lent. De 2022 à 2025, sa médiane a toujours dépassé celle de l’année entière. Un mois se compare donc au même mois des années précédentes : 78 jours en septembre 2022, 89 en septembre 2025, 90 cette année.
La lecture est simple pour un garage. Depuis 2022, une voiture reprise à l’automne reste 12 jours de plus sur le parc. Sur un an, l’écart tombe à un jour. Le capital immobilisé a cessé de grossir, sans fondre pour autant. Notre break grise coûtera, en temps de parc, à peu près ce qu’elle coûtait l’automne dernier.
| Période | Sur 12 mois glissants |
|---|---|
| déc. 2022 | 72 jours |
| mars 2023 | 75 jours |
| juin 2023 | 77 jours |
| sept. 2023 | 79 jours |
| déc. 2023 | 81 jours |
| mars 2024 | 82 jours |
| juin 2024 | 84 jours |
| sept. 2024 | 84 jours |
| déc. 2024 | 85 jours |
| mars 2025 | 86 jours |
| juin 2025 | 85 jours |
| sept. 2025 | 85 jours |
| déc. 2025 | 84 jours |
| mars 2026 | 84 jours |
| juin 2026 | 84 jours |
| sept. 2026 | 84 jours |
Voitures de tourisme revendues après un passage hors circulation, d’après le registre suisse des véhicules. Valeur à la fin de chaque trimestre.
Les électriques d’occasion repartent plus vite qu’il y a un an
Notre break grise roule à l’essence. Elle tombe dans le gros du marché : 89 jours en septembre pour l’essence, et 89 aussi pour le diesel. Les énergies historiques avancent au même pas.
Le vrai mouvement vient d’ailleurs. Les électriques d’occasion sont reparties en 85 jours en septembre 2026, contre 98 en septembre 2025. Le chiffre repose sur 3’143 reventes mesurées cette année.
Le gain atteint 13 jours en un an, et c’est un signal pour la reprise. L’électrique d’occasion attendait plus longtemps que l’essence. Elle part désormais un peu plus vite. Le garage qui refusait encore une électrique par principe peut revoir sa règle, modèle par modèle.
Les hybrides, elles, attendent désormais le plus longtemps des 4 énergies : 96 jours en septembre. Pour une hybride reprise cet automne, le prix d’achat doit donc tenir compte de quelques jours de parc en plus.
L’âge pèse autant que l’énergie. Les voitures de 8 à 11 ans partent en 81 jours, celles de 12 à 15 ans en 82.
À l’autre bout, il faut 92 jours avant 4 ans et 100 jours à 16 ans et plus. Si notre break grise a passé ses premières années sans avoir encore l’âge d’une ancienne, elle se trouve du bon côté de la courbe.
| Énergie | Septembre 2026 | Septembre 2025 | Reventes mesurées |
|---|---|---|---|
| Électrique | 85 jours | 98 jours | 3143 |
| Hybride | 96 jours | 92 jours | 6759 |
| Essence | 89 jours | 88 jours | 20713 |
| Diesel | 89 jours | 87 jours | 7303 |
Hybride : essence ou diesel associé à l’électrique, rechargeable ou non. Septembre 2026.
Genève et Zoug revendent plus vite que le Jura
Notre break grise pourrait être reprise à Lausanne comme à Lucerne. Le délai de revente change peu d’une région à l’autre. Sur 12 mois, la Romandie est à 85 jours, la Suisse alémanique à 84 et le Tessin à 86.
Les cantons, eux, s’écartent un peu plus. Sur les 12 mois qui finissent en septembre 2026, Genève et Zoug revendent en 82 jours en médiane. Le Jura demande 95 jours.
Au milieu du classement, Zurich, Vaud et Berne tiennent entre 84 et 85 jours. Ce sont parmi les plus gros marchés du pays, et ils suivent de près la médiane suisse.
L’écart atteint donc 13 jours entre Genève et le Jura. C’est autant que la hausse mesurée de 2022 à 2024 sur toute la Suisse. Pour un négociant qui achète d’un côté de la Sarine et revend de l’autre, l’écart mérite un regard.
Le chiffre du canton reste pourtant moins parlant que celui du modèle. Un canton mélange des citadines, des breaks, des SUV et des sportives. Une génération, elle, raconte une seule voiture, avec ses forces et ses faiblesses. C’est là que le garage gagne ou perd ses jours de parc.
- Dacia Sandero (dès 2020) : 55 jours
- Škoda Rapid (2012–2019) : 55 jours
- Toyota Yaris Cross (dès 2021) : 56 jours
- Toyota Yaris Hybrid (2012–2017) : 56 jours
- Toyota Auris (2010–2019) : 58 jours
- Nissan Qashqai (dès 2021) : 136 jours
- Citroën C5 Aircross (dès 2019) : 141 jours
- Peugeot 308 (dès 2022) : 175 jours
- Nissan X-Trail (dès 2022) : 197 jours
- Opel Astra (dès 2022) : 236 jours
Repère : marché : 84 jours.
D’octobre 2025 à septembre 2026, générations d’au moins 300 reventes mesurées. Marché : 84 jours. En or : les plus rapides.
Ce que l’Indice change pour la reprise d’automne
Sur les 12 derniers mois, la Dacia Sandero de la génération actuelle repart en 55 jours en médiane. La Peugeot 308 récente en demande 175. Beaucoup des modèles lents sont des voitures presque neuves, retirées de la circulation puis revendues. Le registre ne dit pas qui les vend.
Pour notre break grise, l’Indice fixe une règle de prudence. Une reprise de septembre se paie en jours de parc : 90 en médiane, et plus de 6 mois pour 25,4 % des voitures. Le prix d’achat doit en tenir compte, surtout sur un modèle lent.
La règle vaut aussi pour un achat chez un particulier. Un délai long ne condamne pas une voiture : il demande un prix d’achat plus bas, ou une préparation plus soignée. Un délai court permet de suivre le marché de plus près, sans attendre.
Le délai de revente se lit aussi dans le temps. L’Indice paraît chaque mois, avec la courbe complète depuis janvier 2022. Il se découpe par âge, par énergie, par région, par canton et par modèle. Le prochain paraîtra début décembre.
D’ici là, le comptoir garde sa question : se vendra-t-elle, et en combien de jours ? Le prochain Indice dira si la courbe tient. Notre break grise, elle, aura peut-être déjà trouvé preneur avant Noël.
Données : registre suisse des véhicules (reventes de janvier 2022 à septembre 2026), septembre 2026, et les 12 mois d’octobre 2025 à septembre 2026. Détail des sources : Notre méthode.