Zurich vend, le Valais achète : les flux de la revente
4 min de lectureLa rédaction ConsultAuto
Le marché de l’occasion se lit aussi par canton, et il a un centre : Zurich. Selon les immatriculations suisses, le canton cède 56’186 voitures revendues de plus qu’il n’en reçoit. Le Valais, Berne et l’Argovie en sont les premiers bénéficiaires. Suivons ces voitures qui quittent Zurich, et voyons où elles s’arrêtent.

Zurich cède 56’186 voitures de plus qu’il n’en reçoit
Commençons par la mesure. À chaque revente, le registre note le canton de départ et le canton d’arrivée quand la voiture déménage. Sur 56 mois, de janvier 2022 à août 2026, on peut donc compter ce que chaque canton gagne ou perd. Le registre reste anonyme : il décrit des flux, et non le parcours d’une voiture précise.
Zurich arrive en tête, de loin. Selon les immatriculations suisses, le canton perd 56’186 voitures nettes au jeu des reventes. Ce solde net retranche les voitures qui arrivent de celles qui partent. Zurich est aussi le premier marché du pays, avec 139’870 reventes sur douze mois.
D’autres cantons cèdent des voitures. Le Tessin en perd 20’005, Genève 9’222, Zoug 8’489.
La VW Golf illustre le mouvement. Zurich en cède 2’693 nettes, réparties surtout vers l’Argovie, Saint-Gall et Berne. Zurich joue ainsi le rôle de grossiste de la Suisse : son offre est la plus large, et elle se répand vers les cantons voisins. Pour un revendeur, c’est d’abord un axe commercial.
Le Valais, Berne et l’Argovie absorbent le flux zurichois
Où vont ces voitures ? Le Valais reçoit le plus : 28’414 voitures nettes sur la période, selon les immatriculations suisses. Berne suit avec 24’704, l’Argovie avec 22’197.
Saint-Gall et Lucerne complètent la liste des cantons qui reçoivent, avec 14’814 et 13’433 voitures nettes. La Suisse centrale et orientale achète donc largement en direction de Zurich.
Ces cantons sont pourtant de gros marchés par eux-mêmes. Berne compte 108’491 reventes sur douze mois, l’Argovie 90’902. Saint-Gall en totalise 68’400, Lucerne 49’495. Leur solde positif s’ajoute donc à un marché local déjà large.
Le solde net résume des flux bien plus gros. Le premier axe relie Zurich à l’Argovie. Sur la même période, selon les immatriculations suisses, 50’249 reventes vont de Zurich vers l’Argovie, et 40’772 font le chemin inverse. Zurich alimente aussi Saint-Gall, avec 32’838 reventes.
Les flux vont donc dans les deux sens, avec une force inégale. Ce va-et-vient dessine un seul grand marché, à cheval sur deux cantons. Le solde, lui, penche vers l’extérieur de Zurich. Pour un négociant argovien ou saint-gallois, le canton voisin est à la fois un fournisseur et un client.
En Romandie, la route mène de Vaud vers le Valais
Pour un négociant romand, l’axe le plus utile passe ailleurs. Depuis 2022, Vaud envoie 27’473 reventes vers le Valais, selon les immatriculations suisses. C’est l’un des flux les plus forts du pays, au niveau des grands axes zurichois.
Vaud pèse lourd par lui-même : 93’454 reventes sur douze mois, au troisième rang derrière Zurich et Berne. Le Valais en compte 55’660, Fribourg 47’655. Genève, à l’inverse, cède 9’222 voitures nettes : son solde penche, comme celui de Zurich, vers l’extérieur. Pour un garage vaudois, le Valais voisin forme ainsi un débouché naturel.
Revenons à Zurich. Même en Romandie, certains modèles suivent son sillage. La Tesla Model 3 circule sur un axe Zurich-Vaud. La Dacia Sandero, elle, tourne surtout entre Vaud, Fribourg et Berne.
Le Valais reste la grande destination romande. Il reçoit à la fois de Vaud et de Zurich, et il affiche le plus fort solde positif du pays. Pour un garage valaisan, le stock vient donc de deux directions : le canton de Vaud et le grand marché zurichois.
Appenzell et les sièges de leasing faussent quelques soldes
Une mise en garde s’impose : certains soldes décrivent des sièges de sociétés plutôt qu’un marché. Appenzell Rhodes-Intérieures perd 56’588 voitures nettes, pour 16’890 habitants. Ce sont les sociétés de leasing domiciliées dans le canton.
Ce canton est donc écarté du classement, comme le code à part qui réunit notamment des plaques militaires. Sans cette précaution, Appenzell passerait devant Zurich, et toute la lecture serait faussée.
Le même piège existe à plus petite échelle. Une commune zougoise, Risch, porte 30’139 véhicules ; une commune bernoise, Bannwil, 4’927. Les soldes de Zoug et de Berne se lisent donc avec prudence. La règle vaut pour toute statistique par canton : un siège de leasing se retire avant de lire la carte.
Zurich, lui, reste le premier marché de revente du pays, avec un volume qui dépasse de loin ces cas particuliers. Son solde décrit un flux de voitures réel, d’un canton à l’autre. Pour un négociant, un solde se lit donc avec le volume des reventes du canton, et non seul.
Ce que les flux changent pour un négociant romand
Que faire de ces flux ? D’abord, savoir où chercher. L’offre la plus large se trouve à Zurich, qui cède plus de voitures qu’il n’en reçoit. Pour un garage valaisan, bernois ou argovien, le stock vient souvent de là.
Ensuite, connaître ce que chaque région revend. Le diesel pèse 27,7 % des reventes en Suisse orientale, contre 21 % autour du Léman, selon les immatriculations suisses. L’électrique atteint 5,1 % des reventes à Zurich, contre 3,2 % au Tessin. Sa part la plus forte se trouve à Zoug, avec 6,2 %. Au Tessin, l’essence domine, avec 63 % des reventes. Pour une électrique, le marché zurichois compte donc davantage qu’au Tessin.
Enfin, suivre les portes d’entrée de l’import. En 2025, Zurich est aussi le premier canton d’entrée des occasions importées, avec 11’847 voitures. Le canton concentre ainsi l’offre suisse et une part de l’offre étrangère.
Pour un négociant vaudois, la lecture se retourne. Son canton fournit le Valais, et son marché local reste le troisième du pays. Le stock vaudois a donc deux issues : la clientèle du canton et celle du Valais.
Zurich cède 56’186 voitures revendues de plus qu’il n’en reçoit, et le Valais en gagne 28’414. Berne et l’Argovie complètent le trio des cantons qui reçoivent, et Vaud alimente le Valais. Appenzell et les sièges de leasing faussent quelques soldes, mis à l’écart. Pour un négociant romand, le stock passe souvent par Zurich avant d’arriver sur son parking.
Données : immatriculations et registre suisses, janvier 2022 – août 2026. Détail des sources : page Sources.