Blanc, noir, gris : trois teintes pour 78 % du parc
4 min de lectureLa rédaction ConsultAuto
La couleur d’une voiture compte-t-elle à la revente ? Selon les immatriculations suisses, trois teintes font 78 % du parc : le gris, le noir et le blanc. La rouge, elle, reste rare et change de main bien plus tard que la blanche. Suivons la rouge, de sa place dans le parc jusqu’à son délai de revente.

Gris, noir et blanc font 78 % du parc suisse
Commençons par le parc. Selon les immatriculations suisses, le gris domine : 32,6 % des voitures en circulation. Le noir suit avec 23,5 %, le blanc avec 21,7 %. À elles trois, ces teintes font 78 % du parc. Le gris est ainsi la teinte la plus courante du pays, loin devant les couleurs vives.
Les autres couleurs se partagent le reste. Le bleu pèse 9,9 %, le rouge 5,9 %. Le vert tombe à 2,2 %, le beige à 1,0 %.
Les reventes suivent le même ordre. Depuis 2022, il s’est revendu 681’739 voitures grises, 516’651 noires et 397’128 blanches. Les bleues sont 206’601, les rouges 113’236. Le vert et le jaune ferment la liste, avec 38’937 et 12’706 reventes.
Pour un garage, ces trois teintes neutres forment donc l’essentiel du stock courant. La rouge, elle, reste une exception sur le parking. Reste à savoir si cette rareté pèse sur sa revente.
La rouge change de main cinq ans plus tard que la blanche
L’écart le plus frappant porte sur l’âge. Selon les immatriculations suisses, une voiture blanche change de main à 8,7 ans en moyenne. Une rouge, à 13,7 ans : cinq ans plus tard.
Les autres teintes s’échelonnent entre les deux. La noire change de main à 9,4 ans, la grise à 10,7, la bleue à 12,2. Le vert et le beige ferment la marche, à 14,2 et 14,6 ans.
Cet écart a une explication honnête. Les flottes achètent surtout du blanc et du noir, et les revendent à trois ans. Elles rajeunissent ainsi l’âge moyen de ces teintes au moment de la revente.
La rouge, elle, arrive en reprise à un âge plus avancé, comme le bleu, le vert et le beige. Pour un garage, ce sont deux marchés différents. La blanche de flotte revient jeune et en nombre ; la rouge revient plus âgée, et plus rarement. Son prix de reprise se juge donc d’abord sur son âge et son état, comme celui de toute voiture de cet âge.

À âge égal, l’écart de délai tombe à quelques jours
La couleur seule se juge à âge égal. Prenons les voitures de 4 à 10 ans, pour comparer ce qui est comparable.
À cet âge, le noir et le blanc partent en 78 jours, selon les immatriculations suisses. Le gris suit à 79 jours. La rouge demande 81 jours. Avec plus de cent mille rouges revendues depuis 2022, la mesure est solide.
Le vert, à 80 jours, se place même devant la rouge. Le bleu et le jaune demandent davantage de patience, avec 83 et 87 jours. Ils traînent ainsi 5 à 9 jours de plus que les teintes les plus rapides. Le jaune reste d’ailleurs une teinte rare à la revente.
Revenons à la rouge. À âge égal, sa couleur pèse peu sur la vitesse de revente : 81 jours, contre 78 pour la noire et la blanche. C’est surtout son âge qui l’éloigne des teintes neutres dans les chiffres d’ensemble. Les cinq ans d’écart à la revente comptent bien plus que la teinte elle-même.
D’une région à l’autre, la palette change à peine
Reste la géographie. Le goût pour les teintes neutres vaut-il partout ? Selon les immatriculations suisses, oui, à quelques nuances près. Le gris pèse environ un tiers des reventes dans chaque région.
Les nuances existent, faibles mais mesurées. Le Tessin revend un peu plus de rouge, 6,3 %, et de blanc, 21 %. La région du Léman revend davantage de gris : 34,9 %.
Pour notre rouge, la région change donc peu de chose. Elle reste une teinte minoritaire partout, et son sort à la reprise dépend d’abord de son âge. Au Tessin, elle trouve simplement un peu plus de semblables sur le marché.
La verte, qui fait souvent hésiter à la reprise, suit la même logique. Entre 4 et 10 ans, elle part en 80 jours, plus vite que la rouge. Ces écarts régionaux restent trop ténus pour fonder une règle d’achat. Ils disent surtout que le goût suisse pour les teintes neutres se retrouve d’un bout à l’autre du pays.
Ce que la teinte change à la reprise
Que faire de ces chiffres au moment d’une reprise ? D’abord, lire l’âge avant la couleur. Une rouge âgée se compare aux voitures de son âge, et non à une blanche plus jeune revenue de flotte.
Ensuite, garder la mesure. À âge égal, les teintes neutres partent un peu plus vite, le bleu et le jaune un peu plus lentement. Une rouge se revend presque au rythme d’une blanche du même âge. L’écart se compte en jours, et il reste modeste face à l’effet de l’âge.
Enfin, compter les jours. À âge égal, une rouge demande trois jours de plus qu’une blanche, une bleue cinq, une jaune neuf. Ces jours pèsent sur le capital, et le prix de reprise peut les intégrer, sans excès. Pour une verte ou une beige, la rareté de la teinte compte moins que l’âge, souvent élevé.
Gris, noir et blanc font 78 % du parc suisse, et le rouge seulement 5,9 %. La rouge change de main à 13,7 ans, contre 8,7 ans pour une blanche, en partie à cause des flottes. À âge égal, l’écart de délai tombe à trois jours : 81 pour la rouge, 78 pour la blanche. La teinte se lit donc avec l’âge de la voiture, qui pèse bien davantage.
Données : immatriculations et registre suisses, janvier 2022 – août 2026. Détail des sources : page Sources.