Top 10 des voitures les plus vendues en Suisse en 2026
5 min de lectureLa rédaction ConsultAuto
Chaque année, un podium se dessine : les voitures les plus vendues en Suisse. En 2026, il réserve une surprise, et il demande un peu de méthode pour être lu juste. Suivons ce podium, de sa première marche à ce qu’il annonce pour un parc d’occasion. Car le haut du classement d’aujourd’hui, c’est la reprise de demain.

Aux portes du top 10, une voiture encore absente en 2023
Commençons par le fait le plus frappant. D’après les mises en circulation en Suisse, un modèle d’une marque chinoise se classe douzième des voitures neuves les plus immatriculées du pays en 2026, avec 1’967 voitures. S’y ajoutent 1’214 occasions importées : avec elles, il monte sur le podium des mises en circulation. En 2023, ce modèle restait absent des immatriculations suisses.
Le saut est net. Cette seule marque a immatriculé 3’837 voitures neuves sur les huit premiers mois de 2026, davantage que plusieurs noms installés depuis des décennies. Elle en comptait à peine quelques dizaines deux ans plus tôt.
Pour un revendeur, cette montée a une portée directe. Ces voitures entreront en occasion dans quelques années. Elles rempliront des parcs, il faudra savoir les estimer. Et leur valeur de revente reste, aujourd’hui, une page blanche : les premières reprises ne se mesureront pas avant 2029.
Le haut du classement mêle des modèles connus et des nouveaux venus. Pour les situer, le plus clair est de regarder d’abord là où il est le plus net : l’électrique.
En tête du neuf électrique, un peloton serré
Sur les voitures électriques, le classement 2026 se lit sans ambiguïté. En tête, selon les immatriculations suisses, la Tesla Model Y compte 2’551 voitures neuves sur les huit premiers mois.
Derrière elle, le peloton est serré. La Skoda Elroq suit avec 2’216 voitures, apparue au registre en 2025 seulement. La Skoda Enyaq la talonne avec 2’204 voitures ; la Volvo EX30, la BMW iX3 et la BMW iX1 suivent, autour de mille chacune.
D’autres modèles montent vite. La BYD Atto atteint 919 voitures sur les huit premiers mois de 2026, dont 419 électriques, contre 42 sur l’ensemble de 2025. La Renault 5 est passée de 439 voitures en 2024 à 1’630 en 2025. La Tesla Model 3, elle, compte 676 voitures neuves en 2026.
Ce peloton dessine la reprise électrique des années à venir. Les modèles qui mènent le neuf aujourd’hui seront les occasions les plus courantes demain. Le podium électrique est donc, pour le revendeur, une liste de courses à l’avance. Encore faut-il savoir à quelle vitesse chacun se revendra, car l’écart est grand d’un modèle à l’autre.

La course des marques accessibles
Le podium ne se joue pas qu’en électrique. La bataille des volumes, en 2026, se gagne surtout dans les marques accessibles, et un nouveau venu s’y invite.
D’après les mises en circulation en Suisse, la marque chinoise déjà citée, avec ses 3’837 voitures neuves sur huit mois, se rapproche des marques réputées pour leur rapport prix-équipement. L’une en compte 4’596, une autre 4’879, sur la même période.
Ce trio se dispute les acheteurs qui regardent d’abord le prix. C’est un segment clé pour un revendeur, car ces voitures tournent vite et parlent à une large clientèle. L’une de ces marques accessibles voit même ses mises en circulation bondir de 559 % au rythme de 2026.
Ces marques ont un autre atout : elles tournent vite en occasion. Une citadine d’entrée de gamme bon marché trouve toujours un acheteur, et le bas du marché ne se bouche jamais. Le podium 2026 n’est donc pas qu’une affaire de neuf : il annonce des reprises liquides, à côté de modèles chinois encore sans historique de revente.
La leçon du podium 2026 est donc double. Le haut du marché s’ouvre à des marques qu’on n’y voyait pas hier, et la hiérarchie des volumes bouge d’une année à l’autre. Raison de plus pour savoir comment ce classement est fabriqué.
Pourquoi lire un classement par modèle avec prudence
Voici la méthode, et elle est indispensable. Un classement des ventes par modèle n’est pas aussi simple qu’il en a l’air, pour une raison technique.
Pour relier une voiture neuve à son modèle, on s’appuie souvent sur son numéro de réception par type. Or ce numéro disparaît. Selon les immatriculations suisses, 72,7 % des voitures neuves de 2026 n’en portent plus d’exploitable, à cause d’une procédure d’homologation européenne.
Et ce manque n’est pas réparti au hasard. Plusieurs marques n’ont presque plus de numéro : certaines à 100 %, d’autres à 99 % ou au-dessus de 97 %. D’autres marques en conservent, autour d’un tiers ou d’un quart. Résultat : un classement fondé sur ce seul numéro montre la moitié du marché en la faisant passer pour le tout. L’erreur est arrivée : un modèle très répandu est apparu à 270 voitures une année où il comptait près de 4’800 mises en circulation, occasions importées comprises.
La bonne porte existe. Le numéro de châssis mène au bon modèle dans 98,6 % des cas sur les voitures de 2026, contre 25,3 % pour la seule réception. Un classement bâti sur le châssis retrouve donc la quasi-totalité du marché, là où la réception n’en montre qu’un quart.
C’est pourquoi un classement sérieux croise plusieurs portes d’identification, à commencer par le numéro de châssis, et non la seule réception. Il faut aussi retenir que l’année 2026 ne porte, à ce stade, que sur huit mois : le podium définitif se jugera en fin d’année.
Ce qu’un revendeur fait d’un podium
Reste la vraie question : à quoi sert ce classement, une fois lu avec prudence ? À anticiper, pas à suivre la mode.
Les modèles en tête du neuf sont les reprises de demain : c’est sur eux qu’il faut affûter son estimation et son prix d’achat. Les nouveaux venus, surtout chinois, sont une inconnue de valeur : à surveiller, à payer bas tant que leur reprise n’est pas mesurée.
Un podium des ventes n’est pas un palmarès à afficher, c’est un calendrier d’achats. Il dit quels modèles afflueront, lesquels se raréfieront, et lesquels restent sans historique de revente.
Le classement 2026 raconte un marché qui change de visage. Un modèle chinois arrive aux portes du top 10, la Tesla Model Y mène le peloton électrique avec 2’551 voitures, et la course des marques accessibles est rebattue. Mais il ne se lit bien qu’en sachant d’où viennent ses chiffres. Un revendeur qui connaît le haut du classement, et sa marge d’erreur, voit arriver son stock avant ses concurrents.
Données : immatriculations et registre suisses, janvier 2022 – août 2026. Détail des sources : page Sources.