Voiture électrique d’occasion en Suisse : revendue à 2,9 ans

5 min de lectureLa rédaction ConsultAuto

En Suisse, la voiture électrique d’occasion change de détenteur jeune, à 2,9 ans en moyenne. Prenons une Tesla Model 3 de 3 ans qui entre en reprise. Combien de temps restera-t-elle sur le parc ? Pour répondre, il faut comprendre un marché jeune, qui grandit vite et qui se revend à son propre rythme.

Tesla Model 3 bleue de 2019 garée sur un parking, vue de trois quarts avant
Une Tesla Model 3 de 2019, avant le restylage de 2023 Photo : Vauxford, CC BY-SA 4.0, modifiée (recadrée)

Les électriques pèsent 22,0 % des premières mises en circulation

D’où vient notre Model 3 ? D’un marché qui a beaucoup grandi en peu de temps. En 2022, 15,9 % des voitures mises en circulation pour la première fois en Suisse étaient électriques. Sur les 8 premiers mois de 2026, elles sont 22,0 %, selon les immatriculations suisses. La part électrique a donc gagné 6,1 points.

La progression a pourtant connu un palier. En 2024, la part électrique a reculé à 17,3 %, après 18,5 % en 2023. Elle est repartie ensuite, avec 52’647 voitures électriques mises en circulation en 2025.

Ces chiffres comptent ensemble les voitures neuves et les occasions importées, sans les séparer. Et le premier carburant reste l’hybride essence, avec 40,1 % des premières mises en circulation en 2026. Le diesel seul, lui, recule à 7,4 %.

Sur la route, le paysage change plus lentement. En septembre 2026, 310’775 voitures électriques circulent en Suisse, soit 6,3 % des voitures de tourisme. Les hybrides, essence ou diesel associés à un moteur électrique, en représentent 13,9 %.

Pour la voiture électrique d’occasion en Suisse, cette croissance compte. Chaque électrique mise en circulation aujourd’hui deviendra, tôt ou tard, une reprise. Notre Model 3 appartient donc à une minorité qui grandit, et dont les règles diffèrent de celles du thermique.

Les électriques changent de main jeunes, mais repartent moins vite

Notre Model 3 a 3 ans, et elle est dans la norme. Une électrique change en effet de détenteur à 2,9 ans en moyenne, quand un diesel attend 9,1 ans et une essence 11,1 ans. Concrètement, la voiture électrique d’occasion en Suisse est une voiture récente, alors que l’occasion thermique tourne autour de 9 à 11 ans.

Cette jeunesse a un revers. Une fois ses plaques déposées, une électrique reste plus longtemps hors circulation avant de trouver son nouveau détenteur. Son délai médian de revente est de 93 jours, contre 77 jours pour un diesel et 78 jours pour une essence. L’électrique demande donc 16 jours de plus qu’un diesel. Pour un garage, ce délai a un coût : chaque jour de plus sur le parc immobilise du capital.

Les écarts se voient aussi aux extrêmes. 50,2 % des électriques se revendent en 90 jours ou moins, contre 53,7 % pour l’ensemble des voitures. À l’autre bout, 24,5 % restent plus de 6 mois hors circulation, contre 24,1 % en général.

Ces mesures portent sur 67’599 reventes d’électriques, selon les immatriculations suisses. Elles invitent à la prudence sans inquiéter : une électrique récente trouve preneur, mais elle demande en général un peu plus de patience.

Reste à savoir si notre Model 3 suit cette tendance générale. Car en électrique, plus encore qu’ailleurs, le modèle change tout.

Câble de recharge branché dans la prise d’une voiture électrique grise
La recharge, le quotidien d’une électrique jeune Photo : CHUTTERSNAP, modifiée (recadrée)

Selon le modèle, la revente prend de 54 à 129 jours

Bonne nouvelle pour notre Model 3 : son modèle compte parmi les plus rapides. Sur 5’827 reventes mesurées, la Tesla Model 3 se revend en 69 jours en médiane. C’est 12 jours de moins que le marché suisse, toutes voitures confondues.

Parmi les 10 électriques les plus revendues, la Tesla Model Y va encore plus vite, avec 54 jours en médiane. La Renault Zoe, à 84 jours, reste proche du marché.

D’autres modèles demandent davantage de patience. La Skoda Enyaq se revend en 96 jours en médiane, la VW ID.3 en 95 jours et la Cupra Born en 92 jours. L’Audi e-tron en demande 129, soit 48 jours de plus que le marché.

Le temps joue aussi son rôle. En 2022, selon les immatriculations suisses, la Tesla Model 3 se revendait en 50 jours ; en 2025-2026, il lui en faut 69. Un délai se lit donc toujours avec sa date.

Ces écarts rappellent une règle simple. En électrique, la moyenne ne suffit pas à décider d’une reprise, car des voitures du même âge peuvent connaître des parcours très différents sur le parc. Pour notre Model 3, le modèle joue en sa faveur : au moment de fixer le prix de reprise, c’est un atout de poids.

Le palmarès des premières mises en circulation change chaque année

Notre Model 3 a aussi des cadettes. Sur les 8 premiers mois de 2026, 827 Tesla Model 3 ont été mises en circulation pour la première fois. Ce sont les reprises des années à venir.

Autour d’elles, le classement bouge vite. En tête en 2026, la Tesla Model Y compte 2’630 voitures. Elle devance la Skoda Elroq, apparue au registre en 2025, avec 2’334 voitures, puis la Skoda Enyaq. La Volvo EX30 et la BMW iX1 complètent le peloton de tête.

D’autres modèles montent en flèche. La Renault 5 passe de 355 voitures en 2024 à 1’553 en 2025. La BYD Atto atteint 993 voitures sur les 8 premiers mois de 2026, contre 58 en 2025.

Quelques précautions de lecture s’imposent toutefois. Le classement suit le nom inscrit au permis de circulation, si bien qu’une même voiture peut y apparaître sous deux orthographes. Et l’année 2026 porte sur 8 mois seulement.

Pour le professionnel, ce palmarès donne une idée des modèles qui arriveront en reprise, puisque les électriques mises en circulation aujourd’hui seront les occasions de demain. Pour notre Model 3, il dessine aussi la concurrence de demain sur le marché de l’occasion.

En Suisse, la voiture électrique d’occasion s’achète modèle par modèle

Revenons à notre Model 3 de 3 ans, et comparons-la aux voitures de son âge. À 3 ans, les électriques changent un peu plus souvent de main que les essences : 15,4 % du parc par an, contre 14,7 %. À 4 ans, l’écart se creuse nettement, avec 24,7 % contre 18,9 %. Notre Model 3 arrive donc en reprise à l’âge où les électriques commencent à changer de main plus souvent que les essences.

Les premières années racontent l’inverse. À 1 et 2 ans, les électriques changent moins souvent de main que les essences du même âge. Leurs détenteurs les gardent un peu plus longtemps, avant une vague de reventes plus marquée ensuite.

Pour le stock, la leçon est claire. Une électrique immobilise le capital plus longtemps, avec 93 jours en médiane contre 77 pour un diesel. Le choix du modèle pèse donc lourd. Ceux qui partent vite, comme la Tesla Model Y ou la Model 3, tournent bien. Ceux qui demandent davantage de patience méritent un prix de reprise qui en tient compte.

Notre Model 3 de 3 ans arrive donc sur un marché jeune, où l’électrique change de main à 2,9 ans en moyenne. Elle demande en général plus de patience qu’un diesel, mais son modèle se revend en 69 jours en médiane. Pour le garage, la bonne question devient : quel modèle, et à quel âge ?

Données : immatriculations et registre suisses, janvier 2022 – août 2026. Détail des sources : page Sources.