Reprises 2027 : l’année où la vague 2023 revient

5 min de lectureLa rédaction ConsultAuto

Les reprises de 2027 auront un visage : celui des voitures neuves de 2023, qui auront 4 ans. La vague est estimée à environ 121’713 changements de détenteur pour les millésimes 2022 à 2024. Plus d’un SUV sur deux, 19,5 % d’électriques, une Tesla Model Y sur 38 : voici ce qui va revenir au garage.

Reprises 2027 : trois millésimes, une seule vague

Imaginez votre parc au printemps 2027. Des Golf, des Tiguan, des Model Y de 2023, toutes à 4 ans, toutes en fin de leasing ou de première main. Elles arrivent en même temps chez vous, chez le voisin et chez le concessionnaire d’en face. Rien de fortuit : c’est un calendrier, et il se lit dès aujourd’hui.

Il commence par trois chiffres simples. Selon le registre suisse des véhicules, 212’952 voitures de tourisme neuves ont été mises en circulation en 2022, puis 235’113 en 2023, puis 222’477 en 2024.

Le millésime 2023 est donc le plus gros des trois : 10,4 % de plus que 2022. En 2027, c’est lui qui aura 4 ans. Les trois millésimes réunis font 670’542 voitures, autant de reprises possibles dans les années qui viennent.

Un mot de méthode, pour être juste. Ces chiffres comptent les premières mises en circulation, hors importations d’occasion. Ils sont un peu plus bas que ceux qu’on lit parfois ailleurs, avec d’autres définitions. Le sens, lui, est le même : 2023 domine. Et c’est ce millésime qui fera la vague de 2027, celle qui remplira les parcs.

À 4 ans, les changements de détenteur bondissent de 65 %

Pourquoi 4 ans ? Parce que c’est l’âge où les voitures changent de main. Entre 3 ans et demi et 4 ans, on compte 17,7 changements de détenteur par an pour 100 voitures de ces millésimes. Juste après 4 ans, on en compte 29,2.

C’est un bond de 65 %. Il porte la signature des fins de contrat : les leasings qui s’achèvent, les premières reventes de particuliers. Pour les électriques, le saut est encore plus net : +119 %.

Il faut le dire clairement : ce calendrier est une hypothèse. Le pic est mesuré dans les données ; sa répétition, elle, est supposée, avec des contrats de 36 à 48 mois. Si les contrats se raccourcissent ou s’allongent, la vague glissera dans le temps.

Mais le scénario tient debout. Le millésime 2022 aura 5 ans en 2027, le millésime 2023 aura 4 ans, l’âge du pic, et le millésime 2024 aura 3 ans, l’âge d’une première petite bosse. Les trois arrivent ensemble, chacun à son rythme. Pour un garage, c’est une saison de reprises qui se prépare dès l’hiver, avec le stock, les prix et le planning de l’atelier.

Environ 121’713 changements de détenteur attendus, estimé

Combien de voitures, alors ? L’estimation centrale est de 121’713 changements de détenteur en 2027 pour ces trois millésimes. La fourchette va de 101’227 à 150’709. C’est large, et c’est honnête : on parle d’une année qui n’a pas commencé.

Le millésime 2023 en porte à lui seul 51’433, soit 42 % du total. C’est la vague dans la vague, celle qui fera le plus de bruit au comptoir. Une Golf, un Tiguan ou un Enyaq de 2023 seront les visages les plus fréquents de l’année.

Un point d’unité, pour lire juste. Un changement de détenteur enregistré compte une étape, pas une voiture rendue : une voiture de leasing peut en compter deux, la restitution puis la vente. Ces chiffres disent donc le mouvement du marché, pas le nombre exact de clés posées sur votre comptoir.

Le scénario bas suppose qu’il n’y aura pas de pic de leasing. Le scénario haut prolonge le pic des 4 ans aux âges encore hors de portée des données. Entre les deux, l’estimation centrale reste la meilleure boussole pour préparer le stock, les prix et le personnel de 2027. Elle se précisera à mesure que les mois passeront, et que les premières voitures de 2023 franchiront le cap des 4 ans.

Ce qui revient : un SUV sur deux, une Model Y sur 38

Que trouvera-t-on dans la vague ? La réponse tient en trois mots : SUV, électrique, Tesla. D’abord des SUV. Sur les 670’542 voitures neuves de 2022 à 2024, 362’779 sont des SUV, soit 54,1 %. Plus d’une voiture sur deux qui revient sera un SUV, compact pour la plupart. Le parc d’occasion de 2027 ressemblera au parc neuf de 2023 : haut sur roues, lourd, souvent électrifié.

Ensuite, de l’électrique. Les électriques pèsent 19,5 % de ces millésimes, contre 15,7 % des reprises d’aujourd’hui. En 2027, elles pèseront 18,8 % des changements de détenteur, estimé.

Enfin, un nom revient sans cesse. La Tesla Model Y pèse 17’554 voitures, soit 2,6 % des trois millésimes : une voiture sur 38 de la vague.

Elle pèsera 3,0 fois son poids actuel dans les reprises de 2 à 6 ans, estimé. Une Model Y de 2023 sera donc une reprise banale en 2027, avec tout ce que cela suppose de concurrence entre garages. Celui qui la reprend devra la revendre face à beaucoup d’autres, au même âge et souvent de la même couleur.

Le reste se disperse. Dix modèles font 17 % du total, et il faut 47 modèles sur 882 pour atteindre la moitié. La vague est large, et chaque catégorie a son histoire : c’est pourquoi la rubrique Prévisions consacre un article à chacune.

Comment ça se revendra, et ce que le garage peut faire

Le repère du marché : une voiture de 2 à 6 ans repart en 89 jours en médiane. Mais l’énergie compte : l’essence repart en 82 jours, la rechargeable en 105. En un an, la rechargeable a pris 10 jours, l’électrique en a gagné 7.

Pour chaque modèle, la rubrique donne un niveau en cinq crans, de « très bien » à « très difficilement ». Il dit la vitesse de revente, jamais le prix. Sur les modèles classés, 32 % des retours attendus se revendront « très bien » ou « bien », 44 % « moyennement », et 24 % « difficilement » ou « très difficilement », estimé.

Pour le garage, la leçon tient en trois gestes. Reprendre au prix de la vitesse du modèle, pas au prix de sa carrosserie. Garder peu de voitures lentes à la fois. Et lire la catégorie avant de signer, parce qu’une Golf et une 308 du même âge ne partent pas au même rythme : citadines, compactes, SUV, breaks, monospaces, berlines, électriques et hybrides ont chacun leur article.

La vague de 2027 portera le millésime 2023. Elle sera faite de SUV, de plus en plus d’électriques, et d’une Tesla Model Y à chaque coin de parc. La plupart des reprises se revendront sans drame ; 24 % des retours classés, estimé, demanderont du temps. Le garage qui connaît la vague avant qu’elle arrive choisira ses reprises au lieu de les subir.

Données : immatriculations et registre suisses, janvier 2022 – août 2026. Détail des sources : page Sources.