Hybrides : plus de deux voitures neuves sur cinq en Suisse
5 min de lectureLa rédaction ConsultAuto
Pour lire les ventes de voitures hybrides en Suisse, alignons cinq voitures neuves dans la cour d’un garage. En 2026, deux d’entre elles sont des hybrides essence : 44,2 % des premières mises en circulation. Il y a quatre ans, elles étaient un peu plus d’une sur quatre. Pour la reprise, cette montée annonce le stock des années qui viennent.

De 63’267 à 97’213 : l’hybride essence progresse chaque année
Remontons en 2022. Cette année-là, d’après les mises en circulation en Suisse, 63’267 hybrides essence prennent la route pour la première fois. Elles pèsent 28,1 % du total. Sur nos cinq voitures neuves, un peu plus d’une est alors hybride.
Puis la courbe monte sans pause. Les hybrides essence sont 78’974 en 2023, puis 87’931 en 2024. En 2025, elles approchent la barre des cent mille, avec 97’213 voitures. Chaque millésime dépasse le précédent.
L’année 2026 poursuit le mouvement. Sur les huit premiers mois, 67’031 hybrides essence ont déjà été mises en circulation. Rapporté à l’année, ce rythme dépasse celui de 2024 de 14 %. La part atteint 44,2 % : plus de deux voitures sur cinq.
Une précision de méthode s’impose. Ces chiffres comptent les seules voitures neuves, à leur première immatriculation : les occasions importées en sont exclues. Ils disent le sens du marché. L’hybride essence progresse chaque année depuis 2022, sans un seul recul.
Pour un professionnel, le signal est net. Ce que le client signe aujourd’hui chez le concessionnaire reviendra un jour en reprise. Et ce jour-là, une bonne partie de la cour sera hybride.
En 2024, l’hybride essence passe devant l’essence pure
Le vrai tournant date de 2024. En 2023, l’essence pure dominait encore, avec 83’903 voitures contre 78’974 hybrides essence. L’année suivante, l’ordre s’inverse : 87’931 hybrides essence pour 69’596 essence pure.
Depuis, l’écart se creuse. En 2026, l’hybride essence pèse 44,2 % des premières mises en circulation, l’essence pure 20,6 %. Le volume total, lui, bouge à peine : 239’183 voitures en 2024, 232’993 en 2025. Le marché ne grossit pas ; il change de motorisation.
D’où vient le terrain gagné ? Selon les immatriculations suisses, le rythme de l’essence pure recule de 33 % par rapport à 2024, celui du diesel de 44 %. L’électrique progresse de 22 %, sur une base plus petite. Un peu plus de la moitié du terrain perdu par l’essence pure revient donc à l’hybride essence, le reste à l’électrique.
Revenons à nos cinq voitures neuves de 2026. Deux sont des hybrides essence. Un peu plus d’une est électrique, une autre roule à l’essence pure. Le diesel, hybride ou non, se partage le reste.
Le passage se fait en douceur pour le conducteur : il garde un moteur à essence et fait toujours le plein à la pompe. Seule la technique sous le capot change.
L’hybride diesel recule, l’essence emporte presque tout
Toutes les hybrides n’avancent pas au même pas. L’hybride diesel a connu son sommet en 2024, avec 13’140 voitures. Elle redescend à 11’080 en 2025, puis à 7’008 sur les huit premiers mois de 2026.
Son rythme recule de 20,0 % par rapport à 2024. Sa part se limite à 4,6 % des premières mises en circulation. Sur nos cinq voitures neuves, elle occupe à peine le quart d’une place. L’hybridation suit le carburant du marché : c’est une affaire d’essence.
Reste une question de vocabulaire. Le registre range sous « hybride » toute voiture qui associe un moteur thermique et un moteur électrique. Il ne distingue pas la rechargeable de l’autre. Les deux hybrides de nos cinq voitures neuves peuvent donc cacher des techniques très différentes. L’une peut se recharger en roulant, l’autre se brancher sur une prise. Le volume se lit au registre ; la technique, sur la voiture.
Pour la reprise, la nuance compte. Le registre donne le volume, il ne dit rien de la batterie ni de la prise. C’est à l’expertise de le dire, voiture par voiture.
Le mot « hybride » sur un permis de circulation reste donc un point de départ. Il oriente l’estimation sans la faire.
Sur la route, les hybrides pèsent encore 13,9 % du parc
Quittons la cour des voitures neuves pour regarder la route. En septembre 2026, 687’247 hybrides, essence ou diesel, circulent en Suisse. Elles représentent 13,9 % des voitures de tourisme en circulation. Les électriques, à titre de comparaison, sont 310’775, soit 6,3 % du parc.
L’écart avec le neuf saute aux yeux : 44,2 % d’un côté, 13,9 % de l’autre. Le parc se renouvelle lentement : ses voitures ont 10,1 ans en moyenne. Il garde donc longtemps la trace des années thermiques. Chaque millésime hybride vient pourtant grossir la part du parc, année après année.
L’occasion hybride reste un marché jeune. Selon les immatriculations suisses, 123’975 reventes d’hybrides essence ont été mesurées entre janvier 2022 et août 2026. Elles changent de détenteur à 5,5 ans en moyenne, contre 11,1 ans pour une essence.
Autrement dit, l’occasion hybride est un marché de voitures jeunes. Leur historique est court. Pour l’acheteur suivant, chacune se juge sur son état et sur sa technique, plus que sur son âge.
Nos cinq voitures neuves de 2026 rejoindront ce parc. Dans quelques années, elles feront partie de cette occasion jeune, et elles seront nombreuses.
Les retours de leasing apportent la vague dès 2026
Le calendrier se lit à l’avance. La moitié des voitures neuves suisses roule en leasing : 116’183 contrats pour 233’737 voitures neuves en 2025. Et le premier changement de détenteur culmine entre 48 et 52 mois.
Les hybrides de 2022 atteignent donc quatre ans cette année. Celles de 2023 suivront en 2027, celles de 2024 en 2028, chaque fois plus nombreuses. Le volume de l’hybride d’occasion est écrit dans les ventes déjà faites.
Pour le revendeur, la conséquence est pratique. Les reprises hybrides vont devenir courantes ; les estimer vite et juste deviendra un savoir-faire de base. Récente, une hybride essence demande aujourd’hui un peu plus de patience qu’une essence du même âge, selon les immatriculations suisses. Le prix de reprise gagne à en tenir compte.
L’autre conséquence touche l’essence pure. Plus rare dans le neuf, elle se fera plus rare en occasion récente. Le stock des années à venir se dessine déjà dans les ventes d’aujourd’hui.
Cinq voitures neuves dans la cour, et deux hybrides essence parmi elles : c’est le visage du neuf suisse en 2026. Elles étaient un peu plus d’une sur quatre en 2022. Sur la route, les hybrides ne pèsent encore que 13,9 % du parc, et les retours de leasing vont réduire l’écart année après année. Le stock de demain se lit déjà dans la cour d’aujourd’hui.
Données : immatriculations et registre suisses, janvier 2022 – août 2026. Détail des sources : page Sources.